L’Originel Moi

« Parler de la vraie nature, c’est tenter de décrire l’indescriptible en utilisant des mots qui ne nous servent à expliquer les choses qu’à l’intérieur du contexte restreint de la raison. Les limites du langage ne doivent toutefois pas nous inciter à imaginer quelque chose de phénoménal ou d’inaccessible ; notre vraie nature est plus proche de nous que notre respiration. D’une simplicité immédiate et d’une grande subtilité, elle se soustrait aisément à notre perception grossière et confinée dans ses vieilles frontières. » – Darpan

Qui suis-Je ?

En 1986, entrepreneure dans l’âme, j’ai trente-trois ans et je me retrouve à une croisée des chemins. Je suis tiraillée alors que, de façon habituelle, je suis plutôt de nature fonceuse malgré tout. Je ferme les yeux et je me pose alors la question : « Qui suis-je ? Quelle est ma place sur cette Terre ? ». Sans m’attendre a rien, je vis par la suite trois réalisations principales et d’autres plus tard.

Jamais je n’aurais pensé me déposséder un jour de tous mes repères afin de retrouver l’Unicité dans sa multiplicité. En arrière-plan c’est le rendez-vous de l’évasion à la grande libération. Revenue à l’avant-plan du jeu de la vie commence comme un mourant un processus de fin de vie.

À l’époque la question; « qui suis-je? » semble arriver de nulle part, vient du fait que je me pensais une identité séparée. Cet état de manque engendre une panoplie de projet et m’amenait soit de réussite ou d’échec, c’est-à-dire à l’espoir ou au désespoir.

Dans l’aperçu de l’unicité, il n’y a pas de question. Seulement le fait de ne pas m’attendre à l’espoir d’une réponse, je me suis retrouvée blottie au sein de ma nature profonde. Je me retrouve dans la pure intelligence du vide, dans la paix du silence.

La lumière

Ce questionnement et ces paroles sont à peine formulés qu’une puissante Lumière m’envahit. Cette divine émanation ressentie droit au cœur de mon être est à la fois en moi, la source d’une paix incommensurable et de l’amour le plus pur qui m’ait été donné de vivre depuis ma naissance. J’ai la nette conviction depuis toujours que nous en avons tous l’intuition… Je réalise que je suis que lumière sans personne…

À peine restée quelques instants dans ce suprême état de conscience que déjà des pensées rationnelles rejaillissent en moi. Je cherche à comprendre et à conceptualiser ce qui m’arrive, comme si une partie de moi-même, un peu par habitude, voulait à tout prix poursuivre le « jeu commun de l’identification ». Je sais aussi que cet ultime état d’être, où aucune individualité n’existe, ne cessera jamais en moi quoique j’en pense, je peux donc la mettre en veilleuse. Et ainsi, hop… Je me retrouve avec ma conscience ordinaire revêtue de mon « habit douillet de rêveuse » et me fais
cette réflexion étonnante : « Nous ne sommes simplement que Lumière ! Tout cela est donc bien ennuyant, nous ne sommes en fin de compte « Rien » ?

Un rêve éveillé

Dans la nuit suivante à travers un rêve inspirant s’impose à moi. Ce rêve lumineux fait écho à mon expérience de la veille et, une fois de plus, répond à la question : « Qui suis-je ? ». Ma conception même de Dieu est remise en question. Tout n’est que pure lumière devant le regard de Dieu, observateur-observé en un seul tout !

Ce rêve me préparera à une création magistrale, car trois ans plus tard, apparaîtra la vision d’un personnage sous forme d’oiseau que je nommerais Ligo qui est en fait une abréviation de mon nom : Lisette Gauthier. Sans le savoir, la réalisation qui suivra avec la révélation de Ligo me confirmera un début de la libération intérieure vécue à l’âge de douze ans et qui expliquera l’image de la mémoire-matière et le miroir de la perception.

Voici le scénario : je me promène avec un ami qui m’est cher, un homme aux cheveux longs, bras dessus, bras dessous. Tranquillement, nous marchons tous les deux très heureux. Nous sommes d’allure semblable, même chevelure, habillés de vêtements blancs et chaussés de sandales identiques. Nous sommes dans une cité de lumière et j’ai le sentiment de le connaître depuis toujours car c’est Jésus. D’un geste de la main tournée vers la gauche, mon ami me dit :
– Vois-tu là-haut, l’homme avec une grande barbe blanche assis sur une immense chaise dorée ? On l’appelle Dieu. C’est en fait un malheureux symbole que les hommes ont inventé pour se représenter la Puissance divine, en réalité il n’en est rien ! Puis, de la main droite, il fait à nouveau un grand geste assuré. C’est alors qu’en face de ce Dieu assis, apparaît une vive Lumière, semblable à tous les diamants, tous les feux de la Terre réunis en un seul éclat. Mon ami me dit alors :
– Nous sommes en réalité cela ! Cette lumière est si vive qu’elle me fait cligner des yeux, je ne peux m’empêcher d’observer ce cadeau indicible. Je me réveille au petit matin totalement imprégné de cette fantastique lumière. Ce rêve lumineux fait écho à mon expérience de la veille et, une fois de plus, répond à la question : « Qui suis-je ? ». Ma conception même de Dieu est remise en question. Tout n’est que pure lumière devant le regard de Dieu, observateur-observé en un seul tout !

La libération

Le matin même de ce Grand rêve, alors que je me retrouve seule dans les locaux de mon entreprise, à peine la porte fermée que mon attention se porte sur une intuition pure et une impulsion subite me pousse à quitter précipitamment les lieux et à me diriger à l’extérieur.

Rendue en plein milieu de la rue, face à un cimetière qui devient très symbolique dont le nom veut tout dire le lieu pour dormir, dortoir ou appeler l’« aitre » qui désigne la cour intérieure d’entrée. Et c’est exactement ce qui va se passer, je meurs à la vie où tout l’univers se retrouve à l’intérieur de moi pour me souvenir de qui je suis!

Je reste là debout immobile pendant quelques instants au milieu de la chaussée, une voiture pouvant me frapper. Je suis portée par un mouvement immuable ou toute action est immobilité. Je ne peux me connaitre et je ne suis pas le mouvement. Je suis l’immuable et je suis la paix du Silence. Je n’ai peur de rien, je reconnais l’ordre parfait de l’univers et des choses, tout se vit radicalement en moi et autour de moi selon une grande et parfaite harmonie mais il n’a plus de « Je ». Il n’y a aucun agir personnel, il n’y a ni forme, ni couleur, ni état, si sensation. Cette émergence vivante ou courant de vie pure n’est pas de l’ordre du raisonnement.

Je suis toujours en arrière-plan et ensuite, je suis Témoin du grand mouvement puissant à travers le vide Énergétique. La vibration de ce mouvement est si intense qu’il parait immuable et d’une Intelligence si pure. Dans l’Absolu le courant d’Énergie est sans contraction orchestrant tout parfaitement. Tout est parfait !

Aujourd’hui, je vous dirais que la vie s’éveille à elle-même et je reviens dans le ventre du grand espace nirvanique, l’absolu vide enceinte du toute la création de l’univers qui apparait et disparait en son sein. J’étais là debout Témoin de la vie qui suivrait son court pour me retrouver dans un espace illimité, sans lumière du jour ou même de nuit mais d’une clarté sur la réalité et mon corps-mental fond à vue d’Oeil. Là, où il n’y a ni intérieur et extérieur, ni haut, ni bas, ni commencement, ni fin. Je comprends tout, l’origine initiale du monde et de toutes choses se présentent à moi telle une douce fête permanente et joyeuse. Tout est là, présent en conscience, aucun espace ni aucune ombre n’est exclue mais je ne peux être connu et vu. Je suis pendant quelques instants vivant l’origine et de la Bienveillance de tout ce qui existe.

Je sais que toutes les mémoires sont déjà inscrites et j’entends et comprend tout à travers la cacophonie mentale de l’univers. Je sais que tout est parfait, complet, accepté tout en étant rassuré et comblé. Ce mouvement puissant d’énergie traverse des corps inertes comme représentation est relié au phénomène de l’intuition et de la synchronicité.

En avant-plan du jeu de la vie, je vivais toujours en état de survie, vécue à travers des états d’anxiétés. Maintenant, toutes peurs et résistances avaient disparues dans l’absolue même avec le « Je ». Je suis l’Unicité d’un seul Oeil, d’un seul Témoin et d’une seule conscience que j’appellerais le VivanTémoin de l’Originel Moi animant sa multiplicité. J’étais autant le tout et le rien. Nous sommes vécus dans l’intemporel sans espace-temps, l’inconditionnel sans condition et l’impersonnel sans personne aux commandes; « Je suis » tout ce qui est.

 

Entre la manifestation et l’infini.

Je poursuis avec la description d’un autre fait réel. Maintenant, je suis au centre, sur mon X si je peux m’exprimer ainsi. Je suis entre l’infini en l’arrière-plan et la manifestation en avant-plan du jeu de la vie. Je suis entre la lumière éteinte qui embrasse tout l’espace absolu et l’intelligence du vide, où tout apparait rendant visible son image à sa ressemblance.

Dans cette intelligence du vide apparaît devant moi comme un écran de cinéma de forme rectangulaire qui est suspendu au-dessus de mes yeux. Comme si la mémoire-matière avait une forme géométrique. Encore une fois, je demeure impassible devant le déroulement de cette scène incroyable. Sur cet écran, je vois un ami m’offrir un magnifique cadeau et je sais que je recevrai ce cadeau dans l’heure qui suivra. C’est exactement ce qui se passera, tel qu’annoncé dans ce court-métrage mystique. Ce qu’on nomme la réalité dans nos vies est toujours préparée et consentie intérieurement, semblable à un rêve prémonitoire.

Un moment donné, mon corps revient et j’ai les deux pieds sur terre. Je suis en avant-plan de la vie mais consciente de l’arrière-plan de ma réalité. Je me retrouve au coin de la rue et une autre vision s’impose à moi. Là, je passe de la lumière éteinte à la lumière allumée du jour. Je suis toujours dans la paix du Silence et je vois un enchevêtrement d’images défilant à travers ma vision, de façon naturelle, sans que j’aie à faire quoi que ce soit. Je ne me sens séparée d’aucun objet. J’ai la vision d’une voiture rouge et même je perçois son emplacement et, simultanément, je suis témoin de sa matérialisation.

La voiture est dans la rue à ma droite qui passe devant moi. Comme si le choix de regarder ne venait pas du corps-esprit, ni du cerveau. Ce choix n’est pas rationnel et s’impose naturellement, il vient de la manifestation de la Conscience-Perception. J’en conclu que c’est le jaillissement de la mémoire déjà inscrite se manifestant en « image-matière ». Je me rappelle juste avant la manifestation, d’avoir mis mes mains sur les hanches et m’entendre dire :

« Je suppose que c’est ça qui va arriver ! »

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