Réalisation du Soi

Ce que vous êtes est éveillé et ne dort jamais.

En 1986, entrepreneure dans l’âme, j’ai trente-trois ans et je me retrouve à une croisée des chemins. Je suis tiraillée alors que, de façon habituelle, je suis plutôt de nature fonceuse. Je ferme les yeux et je me pose alors la question : « Qui suis-je ? Quelle est ma place sur cette Terre ? ». Je vis par la suite trois réalisations. La dernière fût la rencontre déterminante. Dans l’absolue toute recherche sur ma vie prend fin. C’est là, où dans cet espace illimité, je suis la paix du Silence, je suis enfin complète, rassuré et comblé.

Ce questionnement et ces paroles sont à peine formulés qu’une puissante Lumière m’envahit. Cette divine émanation ressentie droit au cœur de mon être est à la fois en moi, la source d’une paix incommensurable et de l’amour le plus pur qui m’ait été donné de vivre depuis ma naissance. J’ai la nette conviction depuis toujours que nous en avons tous l’intuition… 

La nuit suivante, un rêve inspirant s’impose à moi. Ce rêve lumineux fait écho à mon expérience de la veille et, une fois de plus, répond à la question : « Qui suis-je ? ». Ma conception même de Dieu est remise en question. Tout n’est que pure lumière devant le regard de Dieu, observateur-observé en un seul tout ! Ce rêve me préparera à une création magistrale, car trois ans plus tard, apparaîtra l’œuvre de ma vie, la Méthode « Ligo » qui est en fait une abréviation de mon nom : Lisette Gauthier… 

La troisième réalisation fût une rencontre déterminante ou je réalise que nous sommes le Un, l’originel Moi en toute chose, l’unicité dans la multiplicité que j’appellerais le Soi-Moi ou le Soi-Nous.

Une inspiration m’envahit et je me retrouve dans l’obscurité à travers l’espace ultime, là où, il n’y a aucun agir personnel. Il est aussi appelé « le visage originel » celui que vous aviez avant votre naissance et que vous aurez après votre mort. C’est-à-dire ni forme, ni couleur, ni substance, l’aspect vide sans état et aussi l’aspect plein lumineux, la dimension qui connait. Nous sommes autant vacuité que luminosité et la reconnaissance intime fait naître la paix du Silence.

Les mots ne pourront jamais définir cet état sans état. Cette émergence ou courant de vie pure n’est pas de l’ordre du raisonnement. J’entends une cacophonie de pensées à travers l’univers et je comprends tout en même temps. L’origine initiale du monde et de toutes choses se présente à moi, ma nature profonde est le rien étant tout, l’inconnaissable, l’inexplicable.

Je suis la paix du Silence, sans peur, immobile, parfaitement bien. Je ne perçois plus de division entre le monde intérieur et extérieur ainsi la vie est parfaite, rassurante et je suis comblé. Je suis l’illimitée, l’inconditionnelle, l’éternellement là, à tout jamais sans seconde nature. Cette vision de la Réalité qui s’impose est directe, limpide. Aucune sensation ne m’habite que celle d’une immense paix incommensurable. Le corps fond à vue d’Oeil et l’Oeil devient la lumière d’une perception claire. Il n’y a ni bas, ni haut, ni commencement, ni fin, ni couleur et la matière ne bouge pas.

Je vais nulle part et je ne peux être connu, je ne peux être Témoin de ce que je suis. Toutes les mémoires sont déjà inscrites mais je suis Témoin d’un puissant mouvement d’énergie immuable qui bouge et ne bouge pas et qui orchestre tout parfaitement comme un courant tournant vers la droite, passant à travers l’image de la matière sans couleur qui ne bouge pas. Je suis ce qui englobe tout, je suis même au-delà de la lumière. Ainsi, tout l’univers, le monde et le corps sont en Soi . Il n’y a personne dans le corps et dans le monde, il y a que jaillissement d’énergie.

Entre l’arrière-plan et l’avant-plan

Nous sommes autant le Témoin de tout ce qui est vu que celui même qui fait tout exister. Son destin est la liberté et son contraire n’existe pas. Nous sommes la réalisation du soi, il ne reste qu’à le rendre réel. C’est tout ce qui est!

Je poursuis avec la description d’un autre fait réel. Maintenant, je suis au centre entre l’arrière-plan à l’avant-plan du jeu de la vie. C’est comme si je suis entre la lumière éteinte à la lumière qui s’allume devant moi et je ne vois pas le temps passé.

À un certain moment, apparaît devant moi comme un écran de cinéma de forme rectangulaire, suspendu au-dessus de mes yeux. Encore une fois, je demeure impassible devant le déroulement de cette scène incroyable ; sur cet écran, je vois un ami m’offrir un magnifique cadeau. Intuitivement, je sais que je recevrai ce cadeau dans les heures qui suivront. C’est exactement ce qui se passera tel qu’annoncé dans ce court-métrage mystique. Ce qu’on nomme la réalité dans nos vies est toujours préparé et consenti intérieurement.

Un peu plus tard, je me retrouve au coin de la rue et une autre vision s’impose à moi. Là, je passe de la lumière éteinte à la lumière allumée. Je suis toujours dans la paix du Silence et je vois un enchevêtrement d’images défilant à travers ma vision, de façon naturelle, sans que j’aie à faire quoi que ce soit. Je ne me sens séparée d’aucun objet. J’ai la vision d’une voiture rouge et même je perçois son emplacement et, simultanément, je suis témoin de sa matérialisation. La voiture est dans la rue à ma droite qui passe devant moi. Comme si le choix de regarder ne venait pas du corps-esprit. Ce choix n’est pas rationnel et s’impose naturellement, il vient de la manifestation de la Conscience. J’en conclu que c’est le jaillissement de la mémoire se transformant en image-matière. Je me rappelle juste avant la manifestation d’avoir mis mes mains sur les hanches et m’entendre dire :

« Je suppose que c’est cela qui va arriver ! »

Le miroir de la perception

Quand l’attention se retourne sur elle-même et que l’on reconnait le reflet de l’autre en soi, nous voyons toute la magie des coïncidences comme la synchronicité s’opérer en un clin d’œil.

Le secret de l’éveil est déjà ouvert, il a toujours été en évidence, c’est la fondation première de notre nature originelle inséparable qui est sans état au-delà de toute sensation. Notre état est impersonnel, c’est-à-dire sans image dite personnelle et intemporel ou atemporelle, c’est à dire au-delà du temps et inconditionnel, c’est à dire non conditionné qui ne dépend ni de cause, ni de condition puisque la réalité ne souffre jamais. Nous sommes ce qui vit en nous et tout ce qui est.

Revenue en avant-plan, je suis face à quelqu’un et une forte sensation m’habite quand son image devient le miroir, le reflet de mon visage sans visage et vice versa. Ce fut autant merveilleux de voir l’autre du même nom « Lumière » sans nom qu’un choc souffrant de voir les jugements qui habitaient le corps-esprit. C’est comme s’il me manquait des parties de moi, comme des morceaux de « casse-tête » vides de satisfactions.

Il n’y a personne aux commandes qui s’éveil. C’est la conscience qui prend conscience d’elle-même et comprendre qu’elle est déjà éveillée, il n’a pas de seconde nature et le jeu de l’unicité est l’expression du reflet de l’autre dans sa multiplicité; le Soi-Moi sans visage. Si le Soi ne peut être connu, l’image de « Légo » est le pire mensonge que l’univers est porté. Si « Légo » n’existe même pas trois ans après ce canular sera révélé par le personnage de « Ligo ».

Cette nouvelle perception a dissous inévitablement l’illusion de ce que je croyais être. La barrière illusoire d’un Moi séparé, basée sur l’ignorance et la peur, n’existe plus en cet instant en moi. Je sais maintenant que je suis et que nous sommes la conscience Une, la réalisation du soi. Je ne m’identifie plus à mon corps ni à ma forme personnelle. Je ne suis pas cette version défigurée de la réalité, cette impression fragmentée que je croyais être, cette personne conceptualisée et conditionnée par le monde extérieur.

C’est vraiment la fin de ce faux « moi » qui ombrageait la totalité de l’Être. Cette fois-ci, aucun doute ne m’habite sur la réalité. Je n’avais pas de mot, cet espace n’avais pas de nom mais je savais être en présence de la vie incommensurable qui se révèle à elle-même comme une énergie qui pénètre tout ce qui est et qui a tout pouvoir. L’Être infiniment libre est sans visage sans image sans forme qui choisit d’être deux ou d’être Un. Rien n’est en dehors de « Soi » ce n’est que l’apparence reflet du miroir de sa perception. Nous sommes tout ce qui est !

Après …

Comment je m’appelle? … dit la peur à la paix.

Aucun mot ne peut réellement circonscrire cette magnificence de paix illimitée, la définir ne serait pas « Cela ». Bien que ce genre d’état sans état paraisse inaccessible, nous sommes tous voués à la découvrir un jour ou l’autre. Comment expliquer cette aventure qui fut la mienne ? Au-delà des mots, une seule compréhension m’apparaît possible : une grâce inspirante m’a guidée au-delà des apparences pour comprendre la totalité de ce que nous sommes et pouvoir la partager. Il n’y a rien à craindre et que tout est parfait pour qui sait s’arrêter et scruter attentivement le fond des choses.
Cette Présence, cette conscience infinie n’a aucune connotation de bien ou de mal et ne réfère à aucun sens de la vie comme l’ego voudrait bien l’entendre. Elle est un Tout indivisible, un appel de l’Être entraînant un vécu, un ressenti global qui ne s’explique pas. Les lois profondes et harmonieuses de l’Univers de la pure indiligence du vide défient l’intelligence humaine.

Le monde qui apparaît devant nous ne fait que nous renvoyer autant l’écho de notre lumière, de notre nature profonde qui n’est pas atteint par la souffrance que les images-mémoires qui résonnent dans le corps-esprit qui font souffrance. Je suis et nous sommes tous connectés avec tout ce qui existe. Quel changement de perspective ! C’est un véritable renversement de conscience.

Ce qui ressort de tous les témoignages sur l’éveil intégral, c’est la disparition de l’individualité. Il y a disparition du « Je ». Autrement dit, la personne est absorbée par un mouvement immuable comme emportée dans la danse cosmique, la valse de silence.

C’est lors de l’éveil que tout cela s’est passé, comme si j’étais figée dans l’immuabilité dans tout le sens du terme. J’étais et je n’existais plus en tant que personne comme ni le corps, ni la parole et ni l’ouïe ne subsistait. Il n’y avait qu’« Un » impersonnelle, intemporelle. Je réalisais que je suis, que nous sommes tous l’émergence de la vie en un seul corps. En somme, l’univers est en nous et non le contraire et son contraire n’existe pas. Dans cette compréhension pure, je savais tout puisque c’est l’unité dans la multiplicité que j’appelle ; « le Soi-Nous ».

Je suis à travers tous les corps-esprit, la vie silencieuse, source de la manifestation d’un monde saisissant, surprenant. Il n’y a qu’un seul regard, qu’une seule conscience de l’Originel moi qui échappe à toute pensée qui voudrait le saisir. Il est très difficile de comprendre que ce phénomène existe au-delà du monde apparent. Ce que nous sommes, on ne peut ni le voir ni le toucher, ni en être le Témoin, ni le connaitre mais on connait notre adresse. Il se vit, le Soleil là, à tout jamais.

Une fois l’éveil intégral et radical ou cet état de conscience est atteint, on se sent en présence d’une Puissance supérieure, d’une omniscience et un sentiment d’humilité nous envahit. Pour rendre réelle la réalisation, un processus commence sur la désidentification des images de l’égo, la vanité, l’arrogance, l’individualité. On se dresse dans l’authenticité afin que plus rien ni personne ne peut nous perturber.

Je suis d’accord avec Ralph Maxwell Lewis quand il dit que son âme se dresse dans sa pure nudité devant l’autorité suprême. Ainsi, tout ce qui est du ressort du contrôle comme de vouloir, d’exiger ou de commander, fond et laisse place à l’inspiration, à la réceptivité. J’avoue que c’est un très long processus qui dure des années. On devient tel un spectateur heureux sachant très bien que nous rêvons que de Soi. Nous aimons et jugeons que Soi et c’est tout un rêve !

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